Logement bouilloire : une proposition de loi pour faire face à la chaleur dans les logements

Quand les températures grimpent, un logement bien pensé change tout. Pour que chacun puisse se sentir à l’aise - même pendant les vagues de chaleur - le confort d’été s’impose comme un enjeu central. Une proposition de loi pour lutter contre les logements dits "bouilloires" a été déposée en juillet 2025. Cette proposition de loi reprend les recommandations de la Fondation pour le Logement des Défavorisés, et attend d'être débattue par l'Assemblée Nationale.

C'est quoi un logement bouilloire ?

Les derniers étés et les canicules successives ont mis en lumière un problème majeur : de nombreux appartements, anciens notamment, ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs. On les appelle des logements « bouilloires ».

En France, environ 35 % des logements anciens affichent une performance insuffisante en matière de confort estival. Concrètement, cela signifie que les températures intérieures peuvent dépasser durablement les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 28-30 °C en journée et 26 °C la nuit.

Ce constat va au-delà du simple inconfort. La chaleur excessive dans un logement représente un risque pour la santé, notamment pour les populations les plus vulnérables.

Les causes principales de ces hautes températures : logements de petites tailles, parfois situés sous les toits, logements exposés plein sud ou non traversants, matériaux de construction non adaptés, ou encore absence d'occultants pour se protéger du soleil.

Des solutions pour adapter la température dans les logements

Plutôt que d'avoir recours à la climatisation, plusieurs solutions permettent d’améliorer naturellement la fraîcheur intérieure.

Protéger efficacement du soleil

Un des premiers réflexes consiste à empêcher l’entrée excessive de chaleur par les ouvertures vitrées : fenêtres, baies, balcons… L’installation de volets, de stores ou de brise-soleil orientables, idéalement placés à l’extérieur, permet de bloquer le rayonnement solaire avant qu’il ne chauffe l’air intérieur. 40 % des logements français ne disposeraient aujourd’hui pas de dispositifs efficaces.

Miser sur l’isolation et l’inertie thermique

L’isolation thermique - murs, toiture, menuiseries - reste fondamentale. Un logement qui bénéficie d’une bonne inertie thermique, c’est-à-dire dont les matériaux mettent du temps à se réchauffer, garde plus longtemps la fraîcheur accumulée la nuit. Cela atténue les variations de température et limite la chaleur ressentie en journée.

Bien ventiler et gérer les flux d’air

La ventilation joue un rôle clé. L'installation de ventilateur de plafond aident à diminuer la température, et donnent une sensation de fraicheur dans les logements.

Penser global : bâtiments, quartiers, territoires

Au delà du logement en lui même, les immeubles, le quartier et la ville ont également leur rôle à jouer dans la maitrise des température dans les logements : végétalisation des villes et des abords du bâtiment, choix des matériaux de construction, peinture en clair des toitures...

Cela signifie repenser le bâti, mais aussi les espaces extérieurs, les revêtements, l’orientation des bâtiments…, autant de critères qui participent à la qualité de vie future des constructions.

Comment le neuf intègre déjà des exigences liées au confort d'été

Depuis l’entrée en vigueur de la RE2020, le confort d’été est devenu un paramètre central de conception. Il est mesuré à l’aide d’un indicateur dit « degré-heure » (DH), qui évalue le risque d’inconfort estival. Ce calcul du degré heure est pris en compte dès la phase de conception pour évaluer et optimiser le niveau de confort thermique. Cela permet de mieux appréhender les enjeux liés à la chaleur estivale et d'adopter des mesures adéquates pour y faire face.

C'est donc dans le parc ancien que les efforts doivent être portés.

A date, cette proposition de loi n'a pas encore été examinée par l'Assemblée Nationale.