Qu'est-ce que l'éco-construction ?

Moins d'un tiers des Français considèrent leur logement comme durable, selon le baromètre Qualitel-Ipsos publié en octobre 2021 en collaboration avec l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Le logement durable se définit, dans le cadre de cette étude, comme « respectueux de l'environnement, qui préserve la qualité de vie et le bien-être de ses occupants, et dans lequel les coûts de construction et d'usage sont maîtrisés ».

L’éco-construction permet d’apporter des réponses. En quoi consiste-t-elle ? Et comment la mettre en œuvre ?

Pourquoi l'éco-construction ?

 

Comment peut-on définir l’éco-construction ? Selon l’Ademe, « cette approche propose des matériaux de construction d’origine biosourcée, obtenus à partir de matières premières renouvelables issues de la biomasse (végétaux, par exemple). Cette filière contribue à réduire notre dépendance aux ressources fossiles ».

Autrement dit, l’éco-construction vise à fournir aux occupants d’un habitat donné un niveau de confort et de santé optimal, tout en s’intégrant le plus harmonieusement possible à l’environnement. La construction nouvelle ne doit ainsi en aucune manière perturber le milieu naturel dans lequel elle s’insère ni nuire à la biodiversité.

Une telle ambition nécessite d’optimiser chaque étape de la chaîne de construction en :

  • S’appuyant sur l’environnement et le climat pour concevoir le bâtiment
  • Utilisant des matériaux écologiques
  • Privilégiant une bonne isolation thermique
  • Mettant en œuvre une ventilation naturelle
  • Pensant aux équipements du logement
  • Favorisant les économies d’eau

S’appuyer sur l’environnement et le climat pour concevoir le bâtiment

 

L’objectif de l’éco-construction est de choisir le terrain en fonction de ses avantages écologiques et de ce qu’on attend de son habitation. Cela nécessite notamment d’être attentif aux éléments suivants :

  • L’exposition au soleil. L’orientation du terrain doit être soigneusement étudiée, de manière à bénéficier au maximum des apports solaires. Il est ainsi recommandé de privilégier un axe nord-sud, plutôt qu’un axe est-ouest. Les parcelles orientées au sud jouissent naturellement d’une meilleure exposition aux rayons du soleil toute la journée, permettant de chauffer naturellement les pièces, tout en limitant la gêne liée à l’éblouissement ou à la surchauffe. Dans cette optique, on peut aménager les pièces de vie au sud, tandis que des espaces moins fréquentés comme le garage peuvent être positionnés au nord. À noter qu’une meilleure exposition au soleil permet également d’optimiser la capacité d’éclairement de l’habitation à différentes heures et périodes de l’année. En matière d’éclairage aussi, les dépenses d’énergie ne sont pas négligeables !

 

  • Le vent et la pluie. Un terrain placé en hauteur ou sur un plateau dégagé, ou encore en bordure d’une rivière, peut présenter un risque particulièrement élevé d’inondation, parce qu’il est exposé au vent et à la pluie. Sans aller jusqu’à la catastrophe naturelle, le surcroît d’humidité engendré par une forte exposition aux pluies peut nuire au confort des habitants. Enfin, la présence d’arbres à proximité immédiate du bâtiment – par exemple, si l’habitation se situe en lisière de forêt – peut s’avérer particulièrement dommageable en cas de chute d’arbre.

 

  • La présence de végétation aux alentours. Le vent cause des déperditions thermiques sur les façades exposées. Il est toutefois possible de protéger l’habitation en appliquant les règles de l’éco-construction. Entre autres astuces, il est possible de tirer parti du relief du terrain ou de la végétation environnante. Des feuillus peuvent ainsi protéger les ouvertures de la maison qui offrent une prise au vent.

Utiliser des matériaux écologiques

maison eco construction

L’éco-construction repose sur l’utilisation de matériaux principalement naturels et issus en priorité de la production locale. Parmi les différents matériaux écologiques, on peut citer le bois, le chanvre, la paille ou encore la terre crue. Ces matériaux doivent être sélectionnés en fonction de l’analyse de leur cycle de vie. Cette approche consiste à prendre en compte la quantité d’énergie totale nécessaire à l’extraction, à la fabrication, au transport, à la pose, à l’entretien, ainsi qu’au recyclage des matériaux.

Privilégier une bonne isolation thermique

 

Dans une maison peu ou mal isolée, les déperditions thermiques peuvent être très importantes. Une situation qui peut engendrer de fortes consommations d’énergie pour le chauffage des pièces, la production d’eau chaude sanitaire et la climatisation en été. En parallèle de l’isolation thermique, il convient également de prévoir une bonne ventilation pour limiter les risques d’humidité, préserver la qualité de l’air intérieur et augmenter la durée de vie de l’habitation.

Il est ainsi possible de privilégier une isolation thermique à faible impact environnemental, notamment en misant sur :

  • Des isolants d’origine animale (laine de mouton)
  • Des isolants d’origine végétale (lin)
  • Des isolants d’origine minérale (laine de verre)

La qualité de l’isolation doit être optimale, et ce quelles que soient les conditions climatiques (fortes chaleurs, grand froid, fortes intempéries, temps venteux…). C’est donc l’ensemble des parois du bâtiment qui doit être isolé : les combles, les murs, les planchers, mais aussi les surfaces vitrées de l’habitation.

Mettre en œuvre une ventilation naturelle

 

La ventilation naturelle consiste à créer des courants d'air en disposant des bouches d'entrée d'air en partie basse des murs des pièces principales, et des bouches de sortie en partie haute des pièces humides.

Deux points de vigilance doivent toutefois retenir votre attention :

  • D’une part, ce type de ventilation ne peut pas être contrôlé.
  • D’autre part, son efficacité dépend fortement des conditions climatiques extérieures.

Penser aux équipements du logement

 

Les équipements à l’intérieur du logement doivent être sobres et afficher une bonne durée de vie. Lors du choix de vos équipements électroménagers, il est recommandé de choisir des appareils de classe énergétique A+ au minimum. L’étiquette énergie intègre de nombreux critères (consommation électrique, d'eau, durée de vie, bruit, capacité…) et se base sur une évaluation conforme aux principes de l’éco-construction. Il est également possible de s’orienter vers des appareils fonctionnant grâce à des énergies renouvelables, comme la cuisinière à bois et le four solaire.

Favoriser les économies d’eau

 

Dernier point, l’éco-construction tend à limiter les consommations d’eau, ce qui peut passer par :

  • La récupération des eaux de pluie, par exemple, en disposant une cuve en plastique pour arroser le jardin ou en installant un système de récupération et de filtrage permettant d’assurer une autonomie complète pour l’habitation.

 

  • La réutilisation des « eaux grises », c’est-à-dire des eaux déjà utilisées, mais suffisamment propres pour être réutilisées dans les toilettes ou la machine à laver après un traitement approprié.

 

  • Le prélèvement des eaux de puits, par exemple, en installant une pompe adéquate posée par un professionnel du forage et en mettant en place un bon système de filtration.

En vous lançant dans un chantier d’éco-construction, vous pouvez peut-être bénéficier d’aides financières. Pour tout savoir de ces coups de pouce, retrouvez quelles aides existent pour une construction écologique notre article complet.

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